Entretien avec Simon Stocker – GERONTOLOGIE CH

Entretien avec Simon Stocker – GERONTOLOGIE CH

Temps de lecture : 3 minutes

« Ma commune, amie des aînés » est une plateforme qui vise à rendre les communes plus conviviales pour les seniors. Développée par GERONTOLOGIE CH, cette plateforme permet aux acteurs politiques et aux professionnel·les d’évaluer dans quelle mesure leur commune est adaptée aux besoins des personnes âgées. Nous en avons parlé avec Simon Stocker, Chef de projet « Politique de la vieillesse » auprès de GERONTOLOGIE CH et responsable du développement de la plateforme.

Comment est née l’idée de cette plateforme ?
Déjà depuis 2012, il y avait un questionnaire sur papier. On m’a demandé de le réviser. Il a été immédiatement clair que le nouveau produit devait être numérique et librement accessible afin de rendre le questionnaire accessible au plus grand nombre de personnes et de communes possible.

Comment les acteurs politiques et les professionnel-le-s peuvent utiliser cette plateforme ?
D’une part, un questionnaire est fourni. Il peut être utilisé gratuitement en ligne ou sur papier. Les personnes âgées évaluent leur commune de cette manière. Il est préférable qu’une commune, une ville ou même une organisation réalise une telle enquête. Tous les retours d’information peuvent être évalués dans un outil Excel. GERONTOLOGIE CH soutient également les communes et les conseille sur la meilleure utilisation possible d’une enquête. D’autre part, de nombreuses connaissances et exemples sont également disponibles sur la plateforme. Cela sert à stimuler les communes avec des bonnes pratiques.

On sait que les profils et les besoins des personnes âgées sont très différents les uns des autres. Ça n’a pas dû être simple de développer un test « standardisé » qui tiens compte de cette hétérogénéité. Comment avez-vous réussi à intégrer cette hétérogénéité dans le test ?
C’était un véritable défi. Le questionnaire est basé sur le concept de « villes amies des aînés » de l’OMS. Il est donc très bien fondé. Dès 2021, un large groupe de travail l’a élaboré. Lors de la révision du questionnaire, nous avons à nouveau consulté des experts afin d’obtenir une image large et bien fondée.

Pouvez-vous nous fournir des exemples de mesures qui caractérisent une commune amie des aînés ?
Il existe différents niveaux de mesures. Des mesures structurelles telles que l’installation de bancs de parc supplémentaires. Des mesures sociales telles que la création d’un groupe de cuisine pour les personnes âgées ou d’un groupe d’entraide pour les proches aidants. Mais aussi des informations améliorées sous la forme d’un aperçu. Souvent, les questions donnent déjà une indication de la direction dans laquelle la commune doit travailler.

Vous avez lancé la plateforme en début 2021. Est-ce que les communes ont déjà montré de l’intérêt pour cet outil ?
Nous sommes satisfaits jusqu’à présent, oui. Certaines communes réalisent des enquêtes avec ce système et certains cantons se montrent intéressés à offrir la plateforme à leurs communes et à la promouvoir. Nous évaluons actuellement la plateforme afin de l’améliorer encore. Pour ça, une unité spécialisée dans la politique du vieillissement à GERONTOLOGIE CH développe un concept pour aider les communes à réaliser des enquêtes participatives. La plateforme et le projet sont en constante évolution.

Simon Stocker, Chef de projet « Politique de la vieillesse » auprès de GERONTOLOGIE CH et responsable du développement de la plateforme.

Le senior-lab expliqué en 3 minutes

Le senior-lab expliqué en 3 minutes

La coordinatrice du senior-lab, Anna Golisciano, vous explique dans une courte vidéo ce qu’est le senior-lab et comment il fonctionne.

La vidéo a été enregistré dans le cadre 2ème Colloque national spécialisé GERONTOLOGIE CH «L’autonomie grâce à l’innovation!?» du 25 janvier 2021.

Évolution des formes d’habitat pour vieillir chez soi – conférences et table rionde

Évolution des formes d’habitat pour vieillir chez soi – conférences et table rionde

Temps de lecture : 1 minute

En pleine évolution, l’habitat pour seniors doit répondre à des logiques économiques, tout en proposant des concepts innovants adaptés aux besoins et aux attentes de ce public hétérogène. La présentation de trois projets passionnants ont permis de faire le point de la situation actuelle et d’interroger la manière dont l’habitat peut évoluer avec les seniors.

L’événement s’est terminé par une riche table ronde avec les interventions de Gabrielle Wanzenried (professeure à la HEIG-VD), Christophe Büla (chef du Service de gériatrie et de réadaptation gériatrique du Département de médecine, CHUV), Antonello Spagnolo (directeur de l’insertion et des solidarités auprès de la Direction générale de la cohésion sociale du Canton de Vaud) et Willie Anhorn (créateur de la Fondation NetAge et membre de la communauté du senior-lab).

Présentations

“Les logements protégés, alternative à l’EMS favorisant le maintien à domicile?” par Marion Droz Mendelzweig et Maria-Grazia Bedin, professeures à La Source.

“Modèle d’habitat et de soins intégrés orientés vers l’environnement social: facteurs de succès et barrières” par Delphine Roulet Schwab, professeure à La Source et membre du Groupe de pilotage du senior-lab.

“Habitat inclusif: le pari de l’empowerment” par Fany Cerese, Dr. en Architecture, Atelier AA à Montpellier et Kevin Charras, Dr. en psychologie environnementale, directeur du living lab vieillissement et vulnérabilité, CHU de Rennes

Revue de presse

La conférence et table ronde a aussi donné lieu à un article paru dans “Commune Suisse”, la revue de l’Association des Communes Suisses.

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Entretien avec Daniel Rohrer – CARA

Entretien avec Daniel Rohrer – CARA

Temps de lecture : 5 minutes

En 2021, le dossier électronique du patient verra le jour en Suisse. Cette plateforme digitale fortement voulue par la Confédération promet de mettre le patient au centre du processus de soins et d’améliorer la coordination entre les acteurs sanitaires. Pour mieux comprendre comment le dossier électronique du patient pourra atteindre cet objectif et analyser les avantages pour les seniors, nous avons interviewé Daniel Rohrer, chargé de missions chez CARA, la communauté de référence intercantonale romande responsable de la gestion et la diffusion du dossier électronique du patient.

Qu’est-ce que c’est le dossier électronique du patient ?
Le dossier électronique du patient (DEP) sera dans un futur très proche le moyen pour les patients pour accéder à leurs propres informations de santé de manière simple et sécurisée et pour les partager avec les professionnels de leur choix et en qui ils ont confiance. Cela implique le passage d’un fonctionnement où l’information sur la santé du patient transite entre différents prestataires mais rarement auprès du patient lui-même, à un système où c’est le patient qui va être au cœur de l’échange d’information qui le concerne.

Concrètement, l’accès au DEP se fait via une plateforme en ligne sécurisée et un moyen d’identification électronique avec un processus qui rassemble à celui de l’e-banking. Une fois connecté, la personne peut gérer son DEP, consulter les informations sur sa santé, ajouter ou supprimer un document, donner les droits d’accès aux professionnels de la santé, etc.

Qui peut ouvrir une DEP ?
Le DEP peut être ouvert par toute personne possédant un numéro AVS. Le numéro AVS permet de garantir qu’il y ait un seul DEP pour un patient, ce qui évite les doublons entre plusieurs dossiers. Les mineurs et les personnes sans capacité de discernement peuvent aussi ouvrir un DEP à travers un représentant qui peut gérer le DEP pour euxn ligne via un formulaire sur le site de CARA, ou alors dans certaines institutions de santé. Une fois le DEP créé, le patient sera invité à se procurer un moyen d’identification électronique pour lequel il sera nécessaire de procéder à une vérification de l’identité dans un endroit défini par le canton concerné.

Pourquoi une personne âgée devrait-elle avoir intérêt à ouvrir un DEP ?
Pour une personne âgée c’est intéressant d’avoir un DEP parce qu’à priori la prise en charge médicale augmente tendanciellement avec l’âge. Ce n’est pas une règle absolue mais on voit qu’avec l’avancement de l’âge il y a de plus en plus de prestataires de soins qui vont participer à la prise en charge de la personne. Compte tenu de ce nombre plus important de prestataires de soins impliqués, l’échange d’information s’avère très important pour assurer une prise en charge coordonnée et de qualité.

Qui peut accéder au DEP ?
Au moment de l’ouverture du DEP, c’est uniquement le patient lui-même ou son représentant s’il en a un qui peut accéder au DEP. Ensuite, le patient peut choisir les professionnels de santé ou les groupes de professionnels de santé (p.ex. une clinique ou un service d’aide et soins à domicile) à qui il veut donner un droit d’accès. Les professionnels de la santé doivent être reconnus légalement. Les employeurs, les assureurs maladie et l’Etat ne font pas partie du système et ne peuvent pas accéder au DEP.

Quel rôle les seniors peuvent-ils jouer dans la gestion de leurs données sanitaires ?
C’est très variable selon les personnes mais je pense qu’il y aura des personnes qui voudront gérer elles-mêmes leur dossier et d’autres qui préféreront laisser à une personne de confiance (un représentant) le soin de le gérer. Parmi les personnes âgées il y a des personnes qui ont déjà connu une prise en charge médicale, ou qui sont actuellement en cours de traitement et qui ont une certaine expérience et expertise de leur propre santé. Ces personnes peuvent ainsi juger de ce qu’il leur semble important dans leur santé et à quel professionnel de santé ou à quelle institution ils font confiance. Je pense que ces personnes auront une réelle plus-value dans la gestion de leurs propres données dans le DEP. Les personnes âgées peuvent aussi jouer un rôle important en incitant leurs professionnels de la santé à participer au DEP et à y partager leurs informations de santé.

Est-ce que l’ouverture du DEP est obligatoire et payante ?
CARA et ses cantons membres (VD, GE, VS, FR, JU) sont dans une démarche de santé publique. Le DEP de CARA est gratuit. Les cantons membres se sont également engagés à offrir gratuitement le moyen d’identification électronique aux patients.

Comment une personne qui n’utilise pas internet peut accéder au DEP ?
Les personnes qui n’ont pas d’accès à internet, peuvent désigner un représentant (p.ex. un conjoint, un enfant, un représentant thérapeutique ou un professionnel de la santé) qui peut accéder à son DEP et le gérer à sa place. Le représentant pourra ainsi informer le patient des informations téléchargés dans son DEP et le gérer selon ses volontés. CARA va également encourager la fourniture de formations pour les patients afin de limiter la fracture numérique.

Comment CARA assure que les données soient archivées et utilisées dans le respect des normes de sécurité ?
La question de la sécurité et de la protection des données est primordiale. Premièrement il existe une loi fédérale spécifique pour nos activités qui précise comment nous devons assurer la sécurité des informations. Les données doivent notamment être traitées et hébergées en Suisse. Ces obligations légales en termes de sécurité vont très loin et elles sont vérifiées régulièrement par un organe externe dans le cadre du processus de certification. CARA sous-traite la plateforme informatique à La Poste qui, par leur expérience avec Post Finance, est en mesure de fournir l’infrastructure technique conforme aux normes de sécurités.

Quand le DEP sera-t-il introduit en Suisse romande ?
CARA est en cours de certification et prévoit de pouvoir ouvrir les premiers DEP au premier semestre 2021. Les personnes pourront ouvrir leur DEP en ligne via un formulaire sur le site de CARA, ou alors dans certaines institutions de santé. Une fois le DEP créé, le patient sera invité à se procurer un moyen d’identification électronique pour lequel il sera nécessaire de procéder à une vérification de l’identité dans un endroit défini par le canton concerné.

Daniel Rohrer, chargé de missions chez CARA

Les seniors toujours plus sportifs

Les seniors toujours plus sportifs

Temps de lecture : 5 minutes

Pour la population suisse, la passion pour le sport n’a pas d’âge. Les derniers chiffres publiés par l’Office fédéral du sport (OFSPO) le montrent clairement : les personnes de 65 ans et plus sont toujours plus sportives. La proportion de personnes actives chez les 65-74 ans est aujourd’hui la même que chez les 15-24 ans. Les personnes de plus de 75 ans montrent aussi une forte propension à l’activité sportive. Il suffit de penser que le 51% de ceux-ci pratiquent une activité sportive plusieurs fois par semaine pour un total de plus de 3 heures. Cette proportion est même supérieure à celle que nous observons parmi les 25-34 ans (48%), les 35-44 ans (46%), les 45-54 ans (50%) et les 55-64 ans (48%). Le senior-lab a voulu approfondir avec des seniors les constats publiés par l’OFSPO dans son rapport « Sport Suisse 2020. Activité et consommation sportives de la population suisse ». Des entretiens ont été menées avec des personnes de 65 ans et plus qui pratiquent régulièrement une activité sportive. Liliane, qui a 77 ans, rentre dans cette catégorie et nous raconte sa passion pour la marche à pied, la randonnée en raquette de neige et la gymnastique qu’elle pratique trois fois par semaine. Pour elle, le sport représente un moyen pour maintenir le rythme de la semaine, « Je fais du sport pour rester en forme et pour garder ma souplesse. Il me permet également de garder un certain rythme avec trois cours par semaine auxquels je suis inscrite et cela me motive à y aller. Cet aspect m’a beaucoup manqué pendant le confinement. ».

En ce qui concerne les motivations, les sportifs suisses affirment faire du sport principalement pour leur santé et pour se maintenir en forme. D’autres éléments souvent cités dans le rapport de l’OFSPO sont le plaisir de bouger, le contact avec la nature, la réduction du stress et la détente. L’aspect social, à savoir la possibilité de rencontrer et d’échanger avec d’autres personnes pendant la pratique sportive, est quant à lui cité comme motivation principale par un tiers des personnes interviewées. Au contraire, la performance et la compétition jouent un rôle marginal dans la pratique sportive des suisses. Marcel, 74 ans, nous confirme ces constats par téléphone, « Je pratique du sport parce que j’ai du plaisir à le faire et parce qu’il est positif pour ma santé et je pense que les seniors sont toujours plus conscients que pour bien-vieillir il est important d’avoir une activité physique adaptée. Le sport (marche et vélo) me permet aussi de découvrir des coins de notre Pays sous une autre perspective. ». Pour Monique, septuagénaire vaudoise, l’activité physique assume des fonctions qui vont au-delà de l’aspect physique, « La natation c’est un besoin car ça fait 40 ans que je nage chaque jour au moins une demi-heure. Je dis toujours que je fais ma prière quand je fais mes longueurs, dans le sens que je me recentre sur moi. Pour le vélo, ce sont l’aspect physique et la compagnie qui me poussent à le pratiquer. Je trouve important d’avoir des contacts réguliers quand on est à la retraite. Après, j’ai commencé à pratiquer aussi de la gym parce que la natation ne suffisait pas et je voulais avoir une activité qui me permettait de garder mon autonomie et une certaine souplesse. ». Nourrir les contacts sociaux, maintenir l’autonomie physique et être en contact avec la nature sont des aspects tout aussi importants que la santé dans la pratique sportive des seniors. Selon l’OFSPO, pour les personnes de 65 ans et plus, le sport représente également une aide pour conserver sa mobilité au quotidien et pour entretenir ses capacités cognitives.

Contrairement à ce qui était observé en 2014, aujourd’hui l’activité sportive augmente après la retraite aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Ces dernières ont tendance à se mettre massivement au sport une fois arrivées à l’âge de la retraite. L’étude de l’OFSPO montre que le 80% des femmes entre 65 et 74 ans pratiquent une activité sportive au moins une fois par semaine, ce qui les place au premier rang par rapport à leurs consœurs plus jeunes. En ce qui concerne le type de sport, nous observons des préférences assez claires selon l’âge des pratiquants. Sans grande surprise, la randonnée est le sport préféré par un grand nombre de seniors, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. La natation et le cyclisme sont aussi en haut de la liste des sports favoris. Autre sport populaire en Suisse, la pratique du ski tend à diminuer chez les seniors, alors que la gymnastique devient toujours plus populaire à partir des 60 ans. Côté finances, les personnes entre 65 et 74 ans dépensent en moyenne 1’861 francs par an, investis principalement pour des vêtements et des équipements, ainsi que pour des voyages à caractère sportif.

Nous avons demandé aux seniors quels sont leurs besoins ou idées d’amélioration en matière de sport. Les pistes cyclables restent une thématique sensible pour les cyclistes comme Marcel, « Pour le vélo, on pourrait mieux développer nos pistes cyclables sur le modèle de l’Allemagne où elles sont souvent physiquement séparées de la route alors qu’ici elles sont simplement peintes sur la route. ». Cela permettrait de résoudre une cohabitation parfois compliquée entre automobilistes et cyclistes. Un autre élément concerne la possibilité de suivre des cours collectifs avec des exercices sur mesure. Liliane remarque positivement cet aspect auprès de la salle de gym qu’elle fréquente, « Aux cours de gym, souvent ils donnent plusieurs options avec différents niveaux d’engagement pour un même exercice et chacun choisit le niveau qui lui convient. Chacun a ses petites faiblesses physiques et cela permet de suivre des cours en compagnie tout en ayant des niveaux différents. ». Enfin, Monique soulève la question de la planification des circuits en vélo, « Quand on va en vélo en groupe, on essaie d’éviter des routes cantonales trop trafiquées. Chacun d’entre nous est responsable à tour de rôle de choisir un circuit. De mon côté, je planifie les circuits sur des cartes numériques de swisstopo et je vais ensuite les tester individuellement pour pouvoir les adapter avant de les proposer au reste du groupe. ». La possibilité de planifier des circuits selon plusieurs critères et de les partager avec d’autres sportifs pourrait faire l’objet d’une réflexion commune en vue de développer ou améliorer des applications spécifiquement dédiées à l’activité sportive.

Les motivations et les freins à l’activité sportive des seniors peuvent être très variés. Pour mieux comprendre quels sont les aspects positifs et négatifs qu’ils rencontrent pendant l’activité sportive, le senior-lab propose ici un petit-sondage sur la pratique sportive des seniors.

Source : Lamprecht, Markus, Bürgi, Rahel et Stamm, Hanspeter (2020) : Sport Suisse 2020. Activité et consommation sportives de la population suisse